Le « sans gluten » dans la salle de bain

Depuis quelques années, le « sans gluten » s‘est invité dans les conversations et dans les habitudes de consommation de bon nombre d’occidentaux. Certainement par effet de mode, mais aussi par vraie nécessité pour 500 000 français touchés par la maladie cœliaque. Mais aujourd’hui, ce sont près de 5 millions de français qui consomment régulièrement du « sans gluten ». Y compris dans la salle de bain ? Nous avons essayé d’y voir plus clair.


Le gluten, qu’est-ce que c’est ?

Pour (essayer de) faire simple et contrairement à ce qu’on peut lire parfois, le gluten n’est pas une protéine. Il n’existe pas au stade de la céréale et résulte de l’association de plusieurs éléments nutritifs lors de l‘hydratation d’une pâte. Il reste toutefois composé majoritairement de deux protéines : les prolamines et les glutélines, présentes dans les grains de blé, de seigle, d’orge ou d’avoine.

C’est au gluten qu’on doit la texture « élastique » des pâtes à pain, entre autres, et qui permet à la mie d’être très aérée. En cuisine comme en cosmétologie, le gluten est facile à travailler et est apprécié pour son liant.

Selon les spécialistes, environ 1% de la population française (500 000 personnes) y est totalement intolérante, atteinte de la maladie cœliaque, qui entraîne des problèmes de digestion et une inflammation des intestins. Dans ce cas, le « sans gluten » est le régime à suivre pour ne pas déclencher de symptômes, qui apparaissent dès l’ingestion.
Pour les autres, en revanche, la « sensibilité » est difficile à évaluer, car il n’existe pas de mesure. Et si de nombreux « intolérants » évoquent se sentir mieux en éliminant le gluten de leur alimentation, rien n’est médicalement établi.

Le « sans gluten » dans la salle de bain : luxe ou nécessité ?

Il y a très peu de traces de gluten dans les cosmétiques, et de toute façon, il ne peut être absorbé par la peau. Il « agit » seulement par ingestion.
De fait, les cosmétiques sans gluten n’ont un intérêt médical que chez les (rares) personnes atteintes d’une allergie cutanée au gluten : la dermatite herpétiforme.
On (enfin pas nous directement ;)) conseille aux personnes atteintes par cette maladie d’éviter les cosmétiques avec gluten. En effet, lors du contact de la peau avec le gluten, des cloques et des lésions peuvent apparaître en bouquet sur la partie antérieure du corps.
Cela dit, il s’agit d’une maladie très rare : environ 15% des personnes intolérantes au gluten sont concernées.

Quid du maquillage ?

L’utilisation de rouges à lèvres sans gluten est plus justifiée, dans la mesure où il peut être ingéré. Idem pour les baumes à lèvres, et plus globalement tous les produits qui peuvent entrer en contact avec la bouche.

Comment savoir s’il y a du gluten dans les cosmétiques ?

Tout simple, il suffit de lire la composition ! Oui, mais il y a un mais !
Sur les cosmétiques, il n’est pas rare d’avoir affaire à des noms latins voire anglais, d’autant plus que les marques de cosmétiques américaines et canadiennes dominent largement le marché du sans gluten.
Dès lors, tout ce qui ressemble de près ou de loin au triticum, à l’hordeum, à l’avena sativa et au secale doit être évité (les différentes céréales).
Attention également aux protéines végétales ou huiles d’origine végétale, sources potentielles de gluten.

Bref, on ne peut que vous conseiller de bien surveiller les étiquettes, mais il en va de même pour tout ! Que l’on soit allergique, intolérant, ou plus simplement que l’on suive la mode … ;)